Biography

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Etre vorace de vies, gloutonne de chairs, de songes ; faire claquer ses joies au vent, avoir le courage d’avaler sa musique désirée, voilà qui désarticule les jointures des poseurs d’étiquettes et autres foutriquets acousticoles.

Joëlle Léandre invente sa terrifiante création, chante, hurle et murmure, cajole, onomatope, peint, dépose poèmes et proses, lentement lit, tenace, cabrée, flagellante, inextirpable, révoltée, maniaque, soulevante, absolue.

Tino roucoule, Edith pleure, la Tosca se tue…Elle, verdelette, s’impatiente : cursus brillant, premier prix etc., les orchestres connus, les ensembles contemporains reconnus, les pignons sur rue et le monde du jazz.

Elle va aux rencontres essentielles et nécessités : Feldman, Scelsi, Cage « un être d’âme qui m’apprenait à apprendre. » Elle épanouit une voix intime, mêlée à son instrument ; mitraille l’hygiénisme ambiant. Sans cesse elle parcourt le globe, compovise et improse : « l’improvisation est acte d’amour total. »

Gens de théâtre, de danse et d’images, peintres et poètes, elle est des leurs.

Percevoir sa matière, sa musique, est une apaisante angoisse, devient un acte de vie.

Jean-Noël von der Weid

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